Cet automne, la scène artistique parisienne propose deux expositions singulières. Tour d’horizon.
John Singer Sargent
Le MET à New York vient d’achever sa grande exposition « Sargent in Paris ». Comme toujours, muséographie impeccable. On y voyait entre autres les toiles célèbres : « Madame X » (Virginie Gautreau), « Le docteur Pozzi chez lui », « Les Filles d’Edward Darley Boit ». S’y ajoutaient de nombreuses œuvres prêtées par des collectionneurs privés, inédites au public, qui faisaient tout l’intérêt de l’ensemble.
Du 23 septembre 2025 au 11 janvier 2026, le musée d’Orsay accueille le cœur de cette exposition : « John Singer Sargent, Éblouir Paris » (« John Singer Sargent, Dazzling Paris »).
Les parents de John Singer Sargent, d’origine américaine et fortunés, décidèrent de vivre en Europe et leur fils naquit à Florence en 1856. Sargent vécut en Italie, en France, en Espagne, en Suisse, en Allemagne puis en Angleterre. Il profita de ces séjours pour maîtriser les langues des pays où il résidait. Il mourut en Angleterre en 1925 à 69 ans.
Très tôt, sa mère repère son don et sa passion du dessin. La famille s’installant à Paris en 1874, Sargent entre dans le célèbre atelier de Carolus-Duran, grand portraitiste français. Il y étudie jusqu’en 1878 et, l’année suivante, à 23 ans, peint le fameux portrait de son maître. S’ouvre alors une brillante carrière de portraitiste du grand monde.
L’exposition montre de nombreuses œuvres réalisées à Paris. On verra si, au-delà des toiles célèbres, d’autres tableaux et dessins issus de collections privées sont également présentés à Orsay.

National Art Gallery, Washington D.C.
Sargent compte parmi les grands peintres du XIXe siècle en Angleterre et aux États-Unis, mais il est moins connu en France. Souhaitons que cette exposition remédie à cette lacune.
Georges de La Tour
Du 11 septembre au 25 janvier 2026, le musée Jacquemart-André (8e) présente une sélection d’œuvres de Georges de La Tour, « entre ombre et lumière ». Il s’agit de la première rétrospective en France consacrée à La Tour depuis 1997.
Né en 1593 dans le duché indépendant de Lorraine, à l’est de la France, Georges de La Tour connut de son vivant un grand succès, recevant des commandes de Louis XIII, du cardinal de Richelieu et de nombreux collectionneurs fortunés. Après sa mort en 1652, il « disparaît » pourtant de la scène artistique jusqu’à sa « redécouverte » au XXe siècle. Aujourd’hui, il est considéré comme l’un des grands peintres français.

Musée des Beaux-Arts de Rennes
En 1638, lors de la guerre de Trente Ans opposant protestants et catholiques, sa maison et son atelier de Lunéville (Grand Est) furent incendiés. Selon les spécialistes, il ne subsiste qu’une quarantaine de tableaux authentifiés, beaucoup ayant disparu.
Le sous-titre de l’exposition, « entre ombre et lumière », en est l’axe : 30 toiles et des « copies d’après Georges de La Tour » réunies auprès de grands musées et de collectionneurs privés du monde entier.
Georges de La Tour (1593-1652) et Caravage (1571-1610) vécurent au XVIIe siècle sans jamais se rencontrer. Personnalités différentes, ils partageaient toutefois deux centres d’intérêt : la lumière et les figures de saints. Si La Tour est tenu pour « le peintre de la flamme qui révèle, transfigure et confère à la scène la plus humble une dimension spirituelle évidente », comme l’indique le catalogue, Caravage s’attachait à la lumière naturelle traversant les fenêtres. Quant aux saints, Caravage les montre entourés et en action ; La Tour les représente seuls, apaisés, en prière ou en lecture.
L’exposition met en valeur cinq œuvres majeures de La Tour :
(i) « Le Nouveau-Né » (v. 1647-1648) ;
(ii) « La Madeleine pénitente » (v. 1635-1640) ;
(iii) « Job raillé par sa femme » (années 1630) ;
(iv) « Les Larmes de saint Pierre » / « Saint Pierre repentant » (1645) ;
(v) « Le Reniement de saint Pierre » (1650).
Catholique, Georges de La Tour puisa naturellement dans la Bible, comme en témoignent plusieurs sujets exposés.
Publié en août 2025 – Mis à jour en novembre 2025

