À l’évocation du nom de Marcel Proust, beaucoup disent avoir lu les cinquante premières pages de l’À la recherche du temps perdu, mais pas davantage — quel dommage ! Certes, l’ensemble compte sept volumes et tout le monde ne peut pas tout lire, mais la persévérance en vaut la peine, comme le diront nombre de proustiennes et proustiens.
Marcel Proust naît en 1871 dans un quartier élégant du sud-ouest de Paris, Auteuil. À neuf ans, il commence à souffrir de nombreuses crises d’asthme qui le poursuivront jusqu’à sa mort à Paris en 1922. Son père, Adrien Proust (1834-1903), catholique, est un médecin renommé ; sa mère, Jeanne Clémence (née Weil, 1849-1905), est d’origine juive allemande. Marcel est extrêmement proche de sa mère, grande lectrice anglophone. Ensemble, ils traduisent des ouvrages de l’auteur et critique d’art anglais John Ruskin (1819-1900). Le frère de Marcel, Robert (1873-1935), né deux ans plus tard, est plus proche de leur père ; il deviendra médecin comme lui.
En France, le nom de « Marcel Proust » revient presque chaque jour chez les historiennes et historiens, journalistes, écrivaines et écrivains, musiciennes et musiciens, responsables politiques, influenceuses et influenceurs, et bien d’autres. Son œuvre dresse un magnifique portrait de la société française de la « Belle Époque » — les « années dorées » entre 1870 et le début de la Première Guerre mondiale. La personnalité, la vie, la culture et l’œuvre de Proust continuent de fasciner de nombreuses lectrices et lecteurs, bien qu’il soit peu enseigné à l’école. En 1947, la Société des Amis de Proust et des Amis de Combray (SAMP) est créée ; elle compte aujourd’hui environ 1000 membres, parmi lesquels de nombreux spécialistes et biographes de Proust, mais aussi des lectrices et lecteurs passionnés. La société a pour but de rassembler ces personnes intéressées pour des rencontres, des visites de lieux ou des concerts, tous en lien avec l’œuvre de Proust. La SAMP est propriétaire de la Maison de Tante Léonie, située dans une petite ville à 30 km au sud-ouest de Chartres, Illiers-Combray.
Pourquoi Illiers-Combray ? Illiers est la terre ancestrale de la famille paternelle de Proust. Son père Adrien et sa tante paternelle Élisabeth y sont nés. Élisabeth, a épousé l’homme d’affaires Jules Amiot, et Marcel passe ses vacances de Pâques entre 1877 et 1880 chez eux à Illiers. Sa tante inspire le personnage de Tante Léonie dans Du côté de chez Swann, la première partie de l’À la recherche du temps perdu. Sa maison y est également décrite, et la ville prend le nom fictif de Combray.

En l’honneur du centenaire de la naissance de Marcel en 1971, la commune est rebaptisée Illiers-Combray (en France, il est très rare qu’une commune change de nom).
La Maison de Tante Léonie, classée monument historique depuis 1961a rouvert ses portes en 2024 après deux ans de rénovation. Elle est décorée de meubles et de souvenirs ayant appartenu à la famille Proust. Des expositions temporaires y sont organisées, et chaque année en mai, les Amis de Proust viennent de toute la France célébrer la Fête des Aubépines.

L’autre site à ne pas manquer est le Pré Catelan, un jardin paisible d’environ 8 000 m² conçu par l’oncle de Marcel, Jules Amiot, en 1850. Le Pré Catelan porte le label « Jardin remarquable ». C’est un lieu où Marcel aimait aller jouer et goûter la beauté de la nature.

Le restaurant La Madeleine, situé sur la place principale en face de l’intéressante église Saint-Jacques, sert une excellente madeleine faite maison.
Proust a vécu principalement à Paris, mais de 1907 à 1914, il passe ses étés sur la côte normande, près de Deauville, dans ce qui devient une station balnéaire pour les Parisiens : Cabourg (qui devient « Balbec » dans son œuvre). En 1907, le Grand Hôtel, magnifique palace au style typique de la Belle Époque, rouvre ses portes. À Cabourg, Proust constate qu’il souffre moins de l’asthme qu’à Paris ; il mène une vie un peu plus « normale », éveillé le jour, écrivant beaucoup et faisant de longues promenades sur la plage. Aujourd’hui, la chambre 414, où Proust « aurait » séjourné, est toujours meublée dans le style Belle Époque et est très demandée, non seulement par les visiteurs français mais aussi par les touristes japonais, eux aussi fervents lecteurs de Proust.

Non loin du Grand Hôtel se trouve la Villa du Temps Retrouvé. « C’est un espace consacré au patrimoine de la Côte Fleurie, à l’imaginaire de Marcel Proust et à la culture de la Belle Époque» comme l’indique la brochure. La villa a été construite dans un luxueux style Belle Époque par l’architecte et ami de Proust, Clément Parent, dans les années 1860. La famille en est restée propriétaire jusqu’à son rachat par la ville de Cabourg ; en 2021, après une importante rénovation, elle ouvre comme musée d’art.
Des expositions permanentes sont dédiées aux artistes qui venaient en villégiature à Cabourg, parmi lesquels Jacques-Émile Blanche (1861-1942), auteur de portraits de Marcel Proust, et Rosa Bonheur (1822-1899), qui aimait dessiner les animaux, le sculpteur de renom Auguste Rodin (1840-1917), les compositeurs Claude Debussy (1862-1918) et Erik Satie (1866-1925), ainsi que l’actrice Sarah Bernhardt (1844-1923), pour n’en citer que quelques-uns.
Bonne lecture !
Publié en juillet 2025 – Mis à jour en novembre 2025

